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Surjeteuse ou machine à coudre : laquelle choisir ?

16 juillet 2026 24 min de lecture Mis a jour 16 juillet 2026

En bref

  • La machine à coudre reste la base de tout équipement de couture, indispensable pour assembler, faire des ourlets et réaliser la majorité des projets du quotidien.
  • La surjeteuse complète la machine classique en apportant vitesse de couture, finitions propres et travail impeccable des tissus extensibles comme le jersey.
  • Le bon choix dépend de votre fréquence de couture, des types de tissus que vous utilisez et du niveau de qualité de finition que vous recherchez.
  • Pour débuter, un modèle mécanique simple de machine à coudre autour de 150–250 € suffit pour coudre accessoires, retouches et premiers vêtements.
  • Pour aller plus loin, une surjeteuse à 4 fils autour de 350–600 € accélère vos projets vêtement et donne un rendu proche du prêt-à-porter.

Surjeteuse ou machine à coudre : comprendre les différences avant de choisir

Le dilemme entre surjeteuse et machine à coudre revient pour presque chaque personne qui se met sérieusement à la couture. La question arrive souvent après quelques projets terminés à la machine classique, au moment où les bords s’effilochent au lavage ou où les coutures tirent dans le jersey. Comprendre le rôle exact de chaque machine évite un achat précipité et permet de planifier son équipement sur plusieurs années.

Une machine à coudre réalise un point droit ou zigzag à l’intérieur du tissu. Elle assemble, surpique, crée des boutonnières, pose un zip et permet quelques points décoratifs selon les modèles. Une seule aiguille descend, le tissu avance grâce aux griffes sous le pied presseur et la canette se loge sous la plaque. Pour un ourlet de rideau en coton, pour raccourcir un pantalon ou pour coudre une trousse doublée, cet outil suffit largement.

Une surjeteuse fonctionne de façon bien différente. Elle coupe le surplus de tissu avec une petite lame, enroule le bord avec deux aiguilles et plusieurs boucleurs, puis forme un point de surjet qui emprisonne la tranche du textile. L’opération se fait en un seul passage. Le bord ne s’effiloche plus, la couture reste souple et la qualité de finition se rapproche du vêtement acheté en magasin, surtout sur les côtés d’un tee-shirt ou à l’intérieur d’un sweat-shirt.

Les techniques de couture mises en œuvre ne sont donc pas les mêmes. Sur machine classique, un bord de coton peut être surfiler au zigzag en 2 ou 3 minutes pour un petit projet, mais le résultat reste plus grossier qu’un surjet à 3 ou 4 fils réalisé en 30 secondes sur surjeteuse. Sur ce type de comparaison, la différence de vitesse de couture et de résultat final saute aux yeux dès le premier essai sur un échantillon de 20 x 20 cm.

La distinction se voit aussi dans les réglages. Sur une machine à coudre, la plupart des débutants se concentrent sur la tension du fil supérieur, la longueur du point (par exemple 2,5 pour l’assemblage de vêtements) et le choix du pied. Sur une surjeteuse, il faut jongler avec la tension des 3 ou 4 fils, la pression du pied, le différentiel d’entraînement et la largeur de coupe. Un surjet mal réglé fait des boucles qui dépassent du bord ou au contraire tire le tissu comme un accordéon.

Une image aide à se repérer. La machine à coudre joue le rôle de crayon précis qui dessine chaque couture, chaque surpiqûre, chaque boutonnière. La surjeteuse s’apparente au cutter rotatif et à la règle : elle trace vite, droit, propre, mais dans un cadre plus limité de gestes. Cette complémentarité explique pourquoi de nombreux ateliers prévoient toujours les deux types de machine sur leur table de travail.

Le choix entre les deux ne se fait donc pas sur la seule envie de “faire comme en prêt-à-porter”, mais sur un besoin réel : coudre beaucoup de vêtements, manipuler des jerseys fins ou gagner une heure sur chaque sweat cousu. Le reste de l’article va détailler ces situations concrètes, pour que vous puissiez placer votre curseur entre “machine seule” et “machine + surjeteuse” en fonction de ce que vous cousez déjà.

Photographie illustrative pour: Surjeteuse ou machine à coudre   laquelle choisir

Machine à coudre classique : la base de tout équipement de couture

La plupart des parcours de couture commencent par une machine classique posée sur une table de salle à manger. Ce choix reste logique, car cet outil couvre près de 80 % des besoins quotidiens avec un seul appareil et un budget maîtrisé. Un modèle mécanique simple avec une dizaine de points utilitaires, acheté entre 150 et 250 €, permet déjà de poser une fermeture éclair, assembler un sac cabas et faire des ourlets propres.

Sur cette machine, les techniques de couture apprises au début structurent toute la progression. La piqûre droite à 1 cm du bord devient un réflexe pour chaque couture de côté. Le point zigzag sert à surfiler les marges ou à poser un élastique léger sur un tissu en coton. La boutonnière automatique ou en quatre temps ouvre la voie aux chemisiers et aux taies d’oreiller fermées par boutons. Ce socle de gestes se travaille sur plusieurs mois, voire une année complète quand on coud seulement le week-end.

La question des types de tissus intervient très vite. Un coton tissé de 120 g/m² passe sans problème avec une aiguille 80/12, un point de 2,5 à 3 mm et un pied standard. Un lin un peu plus lourd demande parfois une aiguille 90/14 et une longueur de point allongée à 3,5 mm. Un jean épais de 12 oz nécessite souvent une aiguille spéciale jean 100/16, un pied adapté et une réduction de la vitesse de couture pour passer les épaisseurs. Sur ces exemples, la machine à coudre montre toute sa polyvalence.

La facilité d’utilisation dépend surtout de la simplicité de la machine. Un enfilage clair dessiné sur le capot, un système de canette horizontale facile à surveiller et un bouton de marche/arrêt bien visible font gagner beaucoup de temps à chaque séance. Une personne qui débute garde généralement la notice sous la main pendant les cinq ou six premiers projets, le temps de mémoriser la logique d’enfilage et l’ordre des gestes.

Quelques fonctions clés méritent d’être présentes dès le départ. Un éclairage LED suffisamment puissant évite beaucoup de fatigue visuelle sur les tissus foncés. Un variateur de vitesse sensible permet d’avancer lentement sur une pointe de col ou un angle, puis d’accélérer sur une longue couture de rideau. Une touche marche arrière solide garantit une bonne fixation du début et de la fin de chaque couture, même après plusieurs centaines d’utilisations.

L’entretien régulier assure la longévité de la machine. Un nettoyage de la zone de la canette après chaque projet qui produit beaucoup de peluches (minky, polaire, molleton) évite les bourrages. Une goutte d’huile aux points indiqués par la notice tous les deux ou trois mois maintient la souplesse des pièces mécaniques. Un contrôle plus poussé chez un réparateur tous les deux ou trois ans reste judicieux si la machine fonctionne plusieurs heures par semaine.

Pour se repérer, il aide de comparer les grandes familles de projets réalisables avec une machine à coudre seule. Un petit sac doublé en coton, un coussin de 40 x 40 cm, une jupe élastiquée en viscose ou un rideau avec ruflette font partie des réalisations accessibles après quelques semaines de pratique. Des vêtements plus ajustés, comme une chemise en popeline, demandent plus de précision mais restent tout à fait possibles sans surjeteuse.

Une fois ce socle en place, la machine classique devient la compagne du quotidien, même après l’arrivée d’une surjeteuse. Pose de zip invisible, surpiqûre décorative à l’aiguille double ou reprise d’un trou localisé restent son domaine privilégié. Cette permanence explique pourquoi le premier achat doit rester solide, réparable et confortable à utiliser, plutôt qu’orienté vers un très grand nombre de points rarement employés.

Surjeteuse : un complément pour la vitesse de couture et la qualité de finition

L’idée d’investir dans une surjeteuse naît souvent après plusieurs mois ou années de couture. Les bords effilochés des tissus qui sortent du lave-linge, les tee-shirts en jersey qui gondolent sur les coutures latérales ou la longueur de temps passée à surfiler chaque pièce au zigzag finissent par donner envie d’un résultat plus propre. La surjeteuse arrive alors comme un deuxième maillon dans la chaîne.

Sur cet appareil, la vitesse de couture change franchement de dimension. De nombreux modèles domestiques tournent autour de 1300 à 1500 points par minute, quand la plupart des machines à coudre familiales plafonnent plutôt autour de 800. Une couture de côté sur un tee-shirt d’adulte, qui prend une minute à la machine classique avec un assemblage au point droit puis un zigzag pour les marges, se fait en une seule passe en 20 à 30 secondes sur surjeteuse, coupe et surfilage compris.

La qualité de finition justifie largement cet investissement pour les vêtements. Le point de surjet à 4 fils enserre complètement le bord du tissu et forme une couture souple, résistante au tirage et aux lavages à 30 ou 40 °C. À l’intérieur d’un sweat cousu main, l’œil reconnaît immédiatement ce cordon régulier qui longe les coutures d’épaule et de côté. Une fois les fils rentrés proprement, il devient difficile pour un proche de distinguer un vêtement cousu maison d’un article de prêt-à-porter.

Les types de tissus les plus gagnants à la surjeteuse restent les mailles extensibles. Jersey de coton 180 g/m² pour tee-shirts, French terry pour sweats, bord-côte pour poignets et ceintures : tous ces tissus se distordent facilement sous un simple point droit. Le différentiel d’entraînement de la surjeteuse, réglé correctement, maintient le tissu à plat sous le pied et évite l’effet ondulé qui apparaît souvent sur une encolure cousue à la machine classique sans précaution.

La facilité d’utilisation de la surjeteuse dépend beaucoup de l’expérience déjà acquise à la machine à coudre. Une personne qui sait déjà gérer la tension d’un fil, reconnaître une aiguille émoussée et poser une canette aura plus de repères pour apprivoiser les quatre bobines et les boucleurs. Les premiers enfilages prennent parfois 20 minutes, le temps de suivre chaque couleur sur le schéma. Après quelques séances d’entraînement sur des chutes, le temps tombe souvent sous les 5 minutes.

Le choix d’une surjeteuse repose principalement sur trois critères : nombre de fils, réglages accessibles et qualité de fabrication. Un modèle à 4 fils couvre la majorité des besoins domestiques, du surjet de coton au montage de tee-shirt complet. Un réglage de différentiel facile à atteindre, une molette de largeur de coupe bien visible et un bac à déchets amovible améliorent grandement le confort au quotidien, surtout quand on surfile plusieurs mètres de bord droit d’un coup.

Les ateliers de couture qui accueillent des débutants observent souvent le même phénomène. La première heure, chacun approche la surjeteuse avec prudence, impressionné par le bruit, les lames et les fils multiples. Après deux ou trois coutures de test, les participantes apprécient la rapidité et le rendu du bord. Une manche montée en rond en quelques secondes change la perception du temps nécessaire pour terminer un sweat à capuche, surtout quand on a peu de soirées disponibles dans la semaine.

Le coût d’une surjeteuse correcte se situe généralement entre 350 et 600 € pour un modèle familial fiable. L’investissement peut sembler important, mais il se rentabilise sur le long terme pour qui coud ses vêtements du quotidien : la durée de vie d’une bonne surjeteuse dépasse largement les dix ans avec un entretien régulier, et les finitions propres prolongent la tenue des vêtements cousus, donc la satisfaction de les porter.

Cette machine demande néanmoins une rigueur d’entretien. Le bac à déchets doit être vidé souvent, la zone autour des boucleurs nettoyée au pinceau après chaque gros projet, et les lames vérifiées régulièrement. Une lame émoussée ne coupe plus net et abîme la tranche du tissu, ce qui annule en partie l’intérêt de la surjeteuse. Une révision tous les deux ou trois ans reste raisonnable pour une utilisation hebdomadaire.

Choisir entre surjeteuse et machine à coudre selon vos projets et votre fréquence

Le choix réel ne se joue pas entre “surjeteuse ou machine à coudre”, mais entre “machine seule” et “machine plus surjeteuse”. Pour trancher, la meilleure méthode consiste à analyser froidement ce que vous cousez déjà et ce que vous voulez faire dans les douze prochains mois. Un carnet de projets ou une simple liste sur une feuille A4 aide beaucoup à clarifier cette réflexion.

Voici un exemple de répartition typique, observée chez de nombreuses personnes qui cousent à la maison plusieurs années de suite. Sur l’année, un tiers des projets concerne des accessoires (sacs, trousses, housses), un autre tiers se compose de retouches (ourlets de pantalon, reprises) et le reste correspond à des vêtements plus ou moins complexes. Chaque catégorie oriente différemment l’investissement en matériel.

Pour rendre ces critères plus lisibles, le tableau ci-dessous récapitule les profils de couturières et l’équipement conseillé.

Profil Fréquence de couture Projets principaux Équipement recommandé Budget indicatif
Débutante occasionnelle 1 fois par mois Retouches, petits accessoires en coton Machine à coudre mécanique simple 150–250 €
Couture loisir régulière 1 à 2 fois par semaine Sacs, déco, premiers vêtements tissés Machine à coudre polyvalente 250–400 €
Vêtements du quotidien 2 à 3 fois par semaine Tee-shirts, sweats, leggings, robes Machine à coudre + surjeteuse 4 fils 600–900 € pour les deux
Micro-entreprise créative Plusieurs heures par jour Séries de vêtements ou accessoires Machine robuste + surjeteuse milieu de gamme 1000 € et plus

Dans la vie réelle, beaucoup de personnes passent progressivement d’un profil à l’autre. Les six premiers mois se consacrent souvent à des sacs en coton et quelques coussins, parfaitement réalisables à la machine seule. Puis les envies de tee-shirts manches longues ou de leggings pour enfants s’installent, et c’est là que la limite de la machine apparaît, surtout sur les jerseys qui gondolent malgré le choix d’une aiguille stretch.

Certains critères concrets permettent de savoir si une surjeteuse devient pertinente. C’est le cas lorsque plus de la moitié des projets prévus sur l’année implique des tissus extensibles ; lorsque chaque projet nécessite au moins une heure de surfilage au zigzag ; ou lorsque la qualité de finition intérieure devient aussi importante à vos yeux que l’apparence extérieure. Dans ces situations, l’achat d’une surjeteuse fait gagner du temps et améliore la satisfaction à chaque vêtement terminé.

À l’inverse, une machine à coudre seule suffit largement si votre liste de projets reste centrée sur le coton tissé, le lin ou les tissus d’ameublement non extensibles. Les sacs cabas, pochettes zippées, nappes, chemins de table, housses de coussin ou simples jupes élastiquées ne justifient pas forcément l’investissement immédiat dans une surjeteuse, surtout quand le budget est serré ou que l’espace de rangement en appartement est limité.

Pour clarifier encore le choix, un petit exercice simple fonctionne bien. Prenez une feuille et tracez deux colonnes. Dans la première, inscrivez les projets déjà réalisés ces douze derniers mois, avec le type de tissu principal (coton tissé, lin, jersey, sweat). Dans la seconde, notez les projets rêvés pour l’année à venir. Si les jerseys, sweats et mailles s’accumulent dans la colonne des envies, la surjeteuse mérite d’être envisagée. Si ce sont surtout des sacs structurés, des pochettes et de la déco, la machine reste l’outil central à renforcer peut-être par de meilleurs pieds ou aiguilles.

Les ateliers qui accompagnent des groupes entiers constatent un point commun. Les personnes qui investissent d’abord dans une bonne machine à coudre, puis ajoutent une surjeteuse après un an de pratique, progressent plus sereinement que celles qui achètent directement les deux sans maîtriser les bases. Un pied bien posé, une tension de fil comprise et une canette enroulée correctement restent des préalables solides à l’usage confortable d’une surjeteuse.

Ce passage du choix théorique au choix concret marque souvent un tournant dans la pratique de la couture. Quand l’équipement correspond enfin aux projets et au temps disponible, chaque séance devient plus fluide, plus satisfaisante, et le panier de tissus accumulés trouve enfin le chemin de la table de coupe.

Facilité d’utilisation et entretien : ce qu’implique chaque machine au quotidien

La question de la facilité d’utilisation et de l’entretien compte autant que les fonctionnalités techniques. Une machine, même très performante, finit rangée dans un placard si chaque mise en route devient une source de stress. À l’inverse, un modèle plus simple, mais dont les gestes sont bien intégrés, sort facilement pour une demi-heure de couture un soir de semaine.

Sur une machine à coudre, la mise en route suit toujours la même séquence : brancher, enfiler la bobine supérieure, remplir la canette si besoin, placer le fil dans la canette, choisir le point, régler la longueur et faire un essai sur une chute. Avec l’habitude, ce rituel prend moins de cinq minutes. Un bon enfilage automatique de l’aiguille peut faire gagner encore quelques secondes, surtout pour les personnes qui portent des lunettes ou travaillent en fin de journée.

Sur une surjeteuse, ce temps de préparation s’allonge légèrement, surtout en cas de changement complet des fils. Les quatre cônes doivent être passés dans le bon ordre, chaque guide-fil respecté, puis les fils tirés sous le pied. Un changement de point ou de largeur de coupe implique parfois plusieurs réglages simultanés. Pour rendre la machine plus agréable au quotidien, certaines personnes gardent une couleur de fil neutre (blanc, gris ou noir) installée en permanence et adaptent seulement la couleur de la canette sur la machine à coudre pour les surpiqûres visibles.

L’entretien courant suit une logique assez proche entre les deux machines. Le dépoussiérage à l’aide d’un pinceau sec ou d’une petite poire à air s’effectue toutes les quelques heures de couture, en particulier après la coupe de tissus très pelucheux. Les notices indiquent la fréquence d’huilage recommandée et les points précis à traiter. Un chiffon doux posé sur la machine lorsqu’elle n’est pas utilisée la protège de la poussière ambiante.

Les erreurs typiques diffèrent cependant. Sur machine à coudre, la canette mal insérée ou le fil mal engagé dans le releveur provoquent la plupart des bourrages. Sur surjeteuse, une tension mal équilibrée ou un fil cassé entraînent des points flottants ou un surjet qui “déborde” du bord du tissu. Dans les deux cas, l’habitude de faire un test de quelques centimètres sur une chute avant chaque couture importante évite de longues reprises ensuite.

La question du bruit intervient parfois dans la décision, surtout en appartement. La surjeteuse génère un son plus continu et plus rapide, lié au nombre de points par minute et à la coupe du tissu. Coudre à des horaires compatibles avec le voisinage ou investir dans un tapis amortisseur sous la machine améliore le confort sonore, particulièrement si la table de couture est légère et transmet facilement les vibrations.

Le coût d’entretien doit également être intégré au calcul global. Le remplacement des aiguilles tous les 6 à 8 heures de couture reste valable pour les deux appareils ; un paquet de 5 aiguilles coûte environ 3 à 5 €. Les lames de surjeteuse, elles, demandent un budget plus rare mais plus élevé lorsqu’elles montrent des signes d’usure. Enfin, une révision professionnelle facturée entre 60 et 120 € selon la région représente un investissement tous les deux ou trois ans pour une machine très sollicitée.

Pour rendre ces contraintes plus acceptables, beaucoup de couturières instaurent un petit rituel d’atelier. Une fois par mois, elles sortent l’aspirateur à main, le pinceau, l’huile et un paquet d’aiguilles neuves, puis passent en revue chaque machine pendant une vingtaine de minutes. Ce moment calme, posé, assure des dizaines d’heures de couture plus paisible ensuite, sans blocages intempestifs.

En fin de compte, une machine à coudre et une surjeteuse se comportent un peu comme deux collègues d’atelier. La première reste plus effacée, plus polyvalente, toujours prête à rendre service. La seconde affirme son caractère par sa rapidité et ses exigences de réglage. Quand chacune reçoit l’attention nécessaire, le travail avance mieux, plus droit, et les projets sortent de la pièce avec une allure qui donne envie de continuer.

Stratégie d’équipement : comment planifier vos achats entre machine et surjeteuse

La couture domestique se construit rarement en une seule commande d’équipement. La plupart du temps, les machines arrivent par étapes, au fil des progrès, des promotions repérées et des anniversaires. Penser son choix de matériel comme un parcours plutôt que comme une décision définitive allège beaucoup la pression au moment d’acheter.

Une progression réaliste commence presque toujours par une machine à coudre de base, solide, réparable, avec un nombre limité de points mais des réglages stables. Ce premier achat permet d’acquérir les gestes fondamentaux et de tester sa motivation sur au moins six mois. Si, après cette période, la machine sert chaque semaine pour des projets variés, l’envie d’un deuxième appareil se fonde sur une pratique réelle et non sur une projection idéalisée.

Un deuxième palier se situe autour de l’arrivée des premiers tee-shirts bien taillés, des sweats à capuche doublés ou des leggings ajustés. Ces projets, très riches en mailles extensibles, mettent à l’épreuve la patience et les capacités de la machine classique. Les bords de jersey roulottent, les coutures tirent ou se déforment, malgré l’usage d’une aiguille stretch et de points élastiques. C’est souvent à ce moment que la surjeteuse devient un projet d’achat concret.

Pour organiser ce passage, une liste de priorités par ordre chronologique aide à garder le cap.

  • Étape 1 : machine à coudre fiable, quelques pieds complémentaires (fermeture éclair, boutonnière), aiguilles de différentes tailles.
  • Étape 2 : amélioration du poste de travail (bonne lumière, table stable, planche de coupe) pour rendre chaque séance plus confortable.
  • Étape 3 : surjeteuse 3/4 fils une fois les jerseys et sweats présents régulièrement dans les projets.
  • Étape 4 : éventuelle spécialisation (pied double entraînement, recouvreuse) pour des besoins très précis.

Cette logique évite de s’équiper trop vite avec des appareils qui resteraient sous-utilisés. Elle permet aussi de mieux répartir le budget dans le temps, en combinant éventuellement un modèle de surjeteuse de milieu de gamme avec une machine à coudre déjà éprouvée plutôt que deux machines d’entrée de gamme achetées en même temps.

Les techniques de couture que vous rêvez d’explorer peuvent également orienter cette stratégie. Une passion pour les robes chemises en viscose, les pantalons bien coupés ou les manteaux doublés reste tout à fait compatible avec une machine unique, complétée par un bon fer à repasser. Une envie de sportswear, de homewear en jersey, de bodys pour bébé ou de lingerie maison profitera beaucoup plus rapidement d’une surjeteuse, car la structure même de ces vêtements repose sur des coutures extensibles et propres.

Pour terminer, un dernier critère joue souvent en coulisse : l’espace disponible. Un coin couture permanent, même sur une petite table de 120 cm de long, permet d’installer côte à côte une machine à coudre et une surjeteuse prêtes à fonctionner. Dans un logement où il faut ranger chaque fois le matériel, une seule machine sortie à la fois peut représenter un compromis plus réaliste. Cette contrainte physique mérite d’être intégrée dans la décision, au même titre que le budget ou le temps libre.

Lorsque tous ces éléments sont alignés, le tandem machine à coudre + surjeteuse devient un véritable allié pour faire passer les idées de vêtements et d’accessoires du carnet de croquis à l’armoire. Le sentiment de pouvoir choisir le bon outil pour chaque couture précise, sans se battre avec la matière, transforme profondément la relation à la couture au quotidien.

Pour débuter en couture, faut-il acheter d’abord une surjeteuse ou une machine à coudre ?

Pour un démarrage solide, la machine à coudre reste l’achat prioritaire. Elle permet d’apprendre les gestes de base, de réaliser des retouches, des accessoires et des premiers vêtements en tissus tissés. La surjeteuse vient en complément une fois que les projets en jersey et en sweat deviennent fréquents et que le besoin de finitions plus propres se fait sentir.

Peut-on coudre un vêtement complet seulement avec une surjeteuse ?

Il est possible de monter la plupart des vêtements en maille (tee-shirts, sweats, leggings) entièrement à la surjeteuse si le patron est prévu pour ce type de couture. En revanche, certains détails comme les ourlets visibles, les boutonnières ou la pose de zip restent beaucoup plus pratiques, voire indispensables, à réaliser sur une machine à coudre.

La surjeteuse remplace-t-elle le point zigzag de la machine à coudre ?

La surjeteuse offre un surfilage plus propre et plus rapide que le point zigzag, mais elle ne remplace pas toutes ses fonctions. Le zigzag reste utile pour fixer un élastique, renforcer une zone précise ou réaliser un point extensible sans surjeteuse. Les deux outils se complètent plutôt qu’ils ne se substituent.

Quel budget prévoir pour un duo machine à coudre + surjeteuse fiable à la maison ?

Pour un usage domestique régulier, un duo cohérent se situe généralement entre 600 et 900 euros au total. Comptez environ 250 à 400 euros pour une machine à coudre polyvalente et 350 à 600 euros pour une surjeteuse 3 ou 4 fils. Ce budget peut être réduit en surveillant l’occasion révisée chez un réparateur ou en étalant les achats sur plusieurs années.

Quelle place prévoir pour installer une machine à coudre et une surjeteuse ?

Un plateau de table d’environ 120 cm de large permet de poser les deux machines côte à côte, en laissant un espace de manœuvre pour le tissu. En dessous de cette longueur, beaucoup de couturières choisissent d’installer une machine à la fois et de stocker l’autre sur une étagère à portée de main. L’important reste de disposer d’une surface stable et bien éclairée pour travailler confortablement.